« Affaire » Beltrame : tu seras une victime, mon fils !

Dernière mise à jour : 12 oct. 2020

Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim, un salafiste de 25 ans réputé « calme » et « sympa » par son entourage, mais suivi depuis quelque temps par la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), se lançait dans un périple meurtrier qui le pousserait à se retrancher, sous couvert d’otages, dans le Super U de la ville de Trèbes. Arrivé sur les lieux avec des membres du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Carcassonne, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame prenait volontairement la place d’une otage. Quelques heures plus tard, il le paierait de sa vie dans des conditions particulièrement abominables, avant que l’assaut ne soit donné et le terroriste abattu.



Deux poids…


Depuis 2018, des dizaines de voies, de places ou d’écoles ont été rebaptisées du nom de l’officier, promu à juste titre héros national. Aux yeux de la plupart des Français, le fait qu’un compatriote donne sa vie pour un autre était devenu suffisamment rare et même anachronique pour être digne d’admiration, d’honneurs et d’ex-voto. Les élus devaient suivre et entretenir publiquement le souvenir de cet acte courageux et généreux, chacun à sa manière. Des commémorations ont eu lieu aux quatre coins de la France, dont certaines ont été l’objet de polémiques. À Béziers par exemple, il a été reproché à la mairie l’expression employée : « héros français, victime du terrorisme islamiste ».

Certains n’ont pas manqué à cette occasion de rappeler que le maire de Béziers, Robert Ménard, avait des accointances avec l’extrême droite. Néanmoins, d’autres villes, ont opté pour la même formulation, comme ici, aux Herbiers, en Vendée :

Là encore, certains ont pu relever une proximité idéologique entre la maire de la commune et Philippe de Villiers. À Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, rebelotte : les mots ne passaient pas aux yeux de certains élus du Front de Gauche, dont l’un d’eux ajoutait : « le maire [Xavier Lemoine] poursuit ses provocations et inscrit dans le marbre sa vision de la guerre de religion ».

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