Droit au blasphème : lettre ouverte à Samy Naceri

Dernière mise à jour : 10 oct. 2020

Monsieur,

Je vous ai entendu récemment sur un plateau de télévision face à Audrey Pulvar et je viens de lire l'entretien que vous avez accordé au magazine France Dimanche. Dans vos deux interventions, il était question des attentats qui ont endeuillé la France en ce début d’année.



C’est en tant que spectateur affligé du pourrissement médiatique que je me permets de m’adresser à vous sur un ton peu amène. Votre nom nous est à tous connu, ou peu s’en faut. Je ne suis pas certain que le quidam saurait énoncer de but en blanc les quatre ou cinq meilleures prestations que comporte votre filmographie. En tout cas, tout le monde a entendu parler de vos démêlés avec la justice car vous n’en êtes pas avare.


[Clash entre Samy Naceri et Audrey Pulvar]

Et sauf votre respect, à chaque nouvel épisode, je me suis entendu dire : « Tiens, ils l’avaient relâché ? » C’est la raison pour laquelle, lorsque j’ai vu votre visage dans les médias ces derniers jours, j’ai été très surpris. Nos médias s’avèrent très doués lorsqu’il s’agit de rayer des mémoires des pans entiers de notre production culturelle, soit par l’omission volontaire, soit par la réprobation maniérée, fatalement déplacée de la part des hérauts de la libre expression. Force est de constater que vous n’êtes pas, et n’avez jamais été, victime de leur censure, bien au contraire. Tant mieux pour vous. Il faut dire qu’avec vos récents premiers pas au théâtre dans un rôle tenu avant vous par Al Pacino et ayant pour thèmes le racisme, l’exclusion et la tolérance en berne, vous mettiez toutes les chances de votre côté. Cependant, voyez-vous, certains, par leurs écrits ou prises de position, auront été moins veinards, soyez-en sûr.


Des gens comme Renaud Camus, Richard Millet,  ou Alain de Benoist ne se sont pas vus offrir de seconde chance, ni de troisième… ni de quinzième (hormis chez Frédéric Taddeï qui a dû rendre des comptes). En revanche, ils se sont vu infliger les estampilles repoussantes dont raffole notre époque, de « réac » à « facho » pour aboutir au désormais fameux « cerveau malade ». Certains d’entre eux n’ont même jamais été inquiétés par la justice de ce pays, d’autres sont devenus de véritables gourous du web à force d’en faire des criminels en puissance. Et vous qui l’avez été à maintes reprises dans les faits, vous voilà de nouveau à l’honneur. Comment ce fait-ce ? Quel est votre secret pour être sans cesse repêché ? Pourquoi bénéficiez-vous, vous qui êtes passés à l’acte avec une éblouissante constance, d’une clémence que l’on refuse à ceux que l’on soupçonne simplement de vouloir mal agir ou d’inviter à le faire ? Est-il à ce point toléré, aujourd’hui en France, de refaire surface dans les médias après avoir proféré menaces de mort, outrages à agent, injures diverses (certaines a priori « racistes »), s’être livré à de l’exhibitionnisme, à du harcèlement téléphonique, à des voies de fait, à la conduite sans permis, à des violences conjugales sous l’emprise de l’alcool, à des dégradations de bie