Moi, François Hollande...

Et si j’avais été « lui » ? Eh bien…

Moi François Hollande, j’aurais tourné ma langue sept fois dans ma bouche avant de reprocher à mon prédécesseur de procéder à la gestion politique des chiens écrasés, à la traîne des faits divers : force est de constater que toute la vie politique de ce pays rebondit désormais d’une polémique à l’autre, et il est toujours facile, au sommet de l’État, de les alimenter.


Moi François Hollande, je ne me serais pas risqué à figurer en première page de la presse poubelle du monde entier sur un misérable scooter dans l’optique de rejoindre mon béguin du moment. Une vidéo moqueuse en provenance de Taiwan a alors circulé, et elle n’était pas des plus subtiles (avis aux amateurs).

Moi François Hollande, je n’aurais jamais promis monts et merveilles à une journaliste parvenue, capable de prendre le pays en otage dans un délire vengeur, vendu à plus de 600,000 exemplaires. Qui plus est un livre dont l’indigence est telle qu’on en fera certainement un film un jour.


Moi François Hollande, j’aurais évité de donner tant d’importance à Manuel Valls, sachant que je me suis fait élire en profitant de la haine que Monsieur Sarkozy avait suscitée autour de sa personne et que Monsieur Valls lui ressemble trait pour trait, au parti près.


Moi François Hollande, jamais je n’aurais oublié que je dois ma place, non à mes talents d’orateur – surtout pas ! – ni à mon expérience dans tel ou tel ministère (inexistante), mais aux frasques d’un vieil ami coquin (et hautement présidentiable) qui, un beau jour, s’est fait prendre la main dans le sac (pour être poli) dans un Sofitel new-yorkais.


Moi François Hollande, jamais je n’aurais hypothéqué l’honneur et la parole de la France pour faire plaisir à mon ami Barack ou quelque chef d’État plus charismatique que moi, en refusant de livrer les deux porte-hélicoptères Mistral achetés par la Russie, nouvelle ennemie de commande. Si l’humiliation n’a plus prise sur moi, ce n’est pas le cas de tout le monde.


Moi François Hollande, je n’aurais pas contribué à faire de Bachar el-Assad l’ennemi du genre humain, au risque de me retrouver à court de formules pour qualifier l’engeance islamiste lui faisant face, dédouanée par là même.

Moi François Hollande, à force de déposer des gerbes du souvenir au nom de « valeurs de la République » évanescentes, j’aurais fini par me demander si, inconsciemment, je n’étais pas parti pour enterrer la France.


Moi François Hollande, fidèle à mon vœu inaugural de « respecter les Français » à travers un « comportement à chaque instant exemplaire » (dixit le 2 mai 2012 face à mon meilleur ennemi), j’aurais pitié d’eux et ne leur imposerais pas ma présence, mes bourdes à répétition, mon équipe de bras cassés et mes conquêtes féminines au-delà de l’an de grâce 2017. Après tout, les Français trouveront bien encore pire, ils en sont capables.


Moi François Hollande, après avoir tant bombé le torse en parlant de « changement » et de « normalité », je serais aujourd’hui très mal dans mes baskets.

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