Ode à Clio

Dernière mise à jour : 7 oct. 2020

Jalonnée de progrès, de passions et conflits, notre belle nation, en ses vertes années tout en moi a nourri l’envie de vous conter humblement jusqu’ici ce que j’en ai appris…



Aux origines… Avant même que soit Jésus de Nazareth de Marie enfant-roi à sa crucifixion, un noble chef gaulois, déjà, se mit en quête de peuples asservis obtenir une union. Le plus grand dictateur que la Rome ait connu, bien avant qu’aujourd’hui le rang en soit honni, vint alors défaire l’Arverne son ami, on le sait à présent pour le bien des vaincus. Comme tout grand empire aux frontières barbares dont l’aura s’étiole, face aux Huns, face aux Francs, ce prestige romain en nos terres va choir devant chrétienne foi, son ultime assaillant.

Les Médiévales… Premier de nos aïeux à avoir pris leçon du pouvoir éternel de telle religion, le voici couronné, baptisé, consacré : Clovis s’est élevé et nous voilà Français ! De force et de grandeur fit montre aussi Martel qui des Carolingiens fut solide tutelle, repoussant de l’épée les nuées sarrasines infestant le domaine d’horreurs intestines. De dynastie sacrée la couronne dorée ceint ainsi l’Empereur dont la barbe fleurit ; cette Europe soudée dont il fut le nabi, las, déclinera de vile postérité. En nos siècles suivants, l’Auguste promoteur d’un royaume bastion à l’image du Louvre sera d’un malheureux Cœur de Lion le dompteur que le peuple, devant lys de Bouvines, approuve.


Par le sang de son sang s’éveillera Saint-Louis, homme lige de Dieu dès la Blanche régence, mais l’altruiste nature que légendes asphyxient, se perdra en coûteuses Croisades à outrance. À dessein politique, le nouveau héros offrit à tout mérite d’égaler naissance ; ainsi trouvant appui en États Généraux, Philippe le Maudit y spolia quintessence. Le temporel occultant le spirituel, on brûla Templiers, la milice papale… Œuvrant en fieffé politicien médiéval les biens de feus vassaux seront butin du Bel.

Valois et Bourbons… Eu égard au Normand qui seul en prit la tête nulle âme ne parvint en territoire anglais ; notre fiel mutuel né d’esprit de conquêtes en guerre de Cent Ans s’en vit dégénérer. Séraphique pucelle au charisme divin menant hommes en troupeaux piétinant l’occupant, à l’écoute des cieux, douce Jeanne est aux siens ce que fut Geneviève en Lutèce d’antan. Son aveugle dessein de rosser le Saxon l’enjoignit à hisser sur le trône un coquin : la jetant en pâture à l’évêque porcin, il fit poindre flammes de cendres et de tisons.


Vainqueur à Marignan, bâtisseur à Chambord, François, premier du nom, figurant Renaissance se para des artistes en offrant résidence et obtint de ceux-ci un culturel essor. Deux titans ne pouvant gouverner de concert, le monarque mécène cède au conquérant laissant à Charles Quint, outre succès probants, l’attrayant Nouveau Monde des siens découvert. Puisqu’il n’est de saison vouée à l’harmonie, celle-ci connaîtra son lot d’ignominies : par Luther et consorts autrefois chahutée, l’Église ne s’émut d’ouailles massacrées.


Rescapé, abjurant ses innées convictions, le bon Roi Navarrais satisfit les factions mais d’un Édit nantais qui se voulait arbitre, il se vit remercié en perdant vie et titre. Officiant en régent d’un falot souverain,l’intransigeant prélat en La Rochelle craint, autocrate intendant en sa pourpre royale, renvoya, dos-à-dos, obédiences rivales. Commence alors pour tous un règne d’opulence : chérubin mis à mal par noble convoitise, l’aplomb du jeune Roi scandera sa méfiance à l’égard de Princes courtisant son emprise.