Vous n’aurez pas ma ̶h̶a̶i̶n̶e̶ ... liberté d’expression

Dernière mise à jour : 20 oct. 2020

J’ai passé le week-end en Lorraine, chez un ami. L’actualité mêlée au vécu m’a donné l’occasion d’un regard, d’une réflexion sur mon pays. Je vous la livre de bonne grâce.


Je suis arrivé chez lui le vendredi 16 octobre à 19h00, près de Metz. Nous étions contents de nous retrouver, en cette période difficile pour tout le monde. Deux ans que nous ne nous étions pas vus ! Nous avons pris l’apéro, puis nous sommes mis à table, en discutant de choses et d’autres. Au terme d’une bonne soirée, nous sommes allés nous coucher. J’ai alors regardé Facebook sur mon téléphone, et j’ai appris avec stupeur qu’un professeur d’histoire-géographie avait été décapité en pleine rue quelques heures plus tôt à Conflans-Sainte-Honorine par un jeune musulman tchétchène de 18 ans.


Le lendemain, il était convenu que je me rende avec mon ami à Nancy, afin de déposer cinq exemplaires de mon dernier ouvrage, La Justice et l’Ordre, dans la librairie Les Deux Cités, sise Grande Rue, tout près de la place Stanislas. À peine arrivés là-bas, nous nous sommes rendu compte que toutes les rues principales étaient investies par des CRS, comme s’il s’était passé quelque chose de grave. Quelques heures après le drame de Conflans, on pensait inévitablement à une nouvelle action islamiste, puisque l’autre grande cause de tracasserie nationale – la Covid ! – ne mobilise pas, quant à elle, les forces de l’ordre. Eh bien non. Une fois sur place, nous avons appris qu’un peu plus tôt, il s’était déroulé en ville une manifestation. Contre la violence de l’intégrisme religieux, me direz-vous ? Absolument pas : contre l’existence de la librairie en question. Non pas pour la liberté d’expression, mais contre elle…

Comme son nom l’indique quelque peu, la librairie Les Deux Cités revendique un positionnement clairement conservateur. Ses deux gérants, Sylvain Durain et Alexis Forget, ne s’en cachent pas et l’assument pleinement. Cela signifie que parmi le petit millier de références proposées par cette enseigne depuis son ouverture le 3 octobre dernier, on trouve des titres de Michel Drac, d’Alain de Benoist ou de Laurent Obertone, mais aussi des classiques de la littérature comme Léon Bloy ou Maurice Barrès ou des œuvres d’anciens membres de l’Action Française tels que Charles Maurras et Jacques Bainville. Il n’y a pas de livres de cuisine ou de développement personnel, pas de romans d’Amélie Nothomb ou de Guillaume Musso, pas non plus de bouquins militants Vegans ou LGBT, ni de tracts du CRAN, de la LDH ou de la CGT. Il y est en revanche question d’histoire nationale, du christianisme, de régionalisme, de tradition, de critique du progrès imposé, etc. Chaque visiteur sait ce qu’il vient y trouver et l’on n’y rentre pas avec le couteau sous la gorge.